Libre-penseur, rationaliste et humaniste, je me définis comme un optimiste
qui a une grande foi en l'Homme et ses capacités à faire du bien, mais ne néglige pas
les dangers que peuvent générer tous les obscurantistes du monde entier...

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mercredi 20 octobre 2010

Propositions pour l'opposition en Tunisie

2 commentaires
Ce blog est censuré en Tunisie, vous pouvez y accéder à cette adresse miroir

http://arabasta3.blogspot.com/2010/10/propositions-pour-lopposition-en.html


Suite à une discussion avec un ami du PDP sur l’intérêt d'une grève de la faim d'un jour entamée par 130 "personnalités politiques et syndicales" en soutien à la cause très juste par ailleurs du journaliste emprisonné et malade Fahem Bou Kadous (4 ans de prison pour avoir couvert les évènements du bassin minier), j'ai posté ce commentaire, que je partage avec vous (après qqes corrections mineures), et je vous promet pour bientôt des propositions pour le RCD aussi (avec ses 10 millions d’adhérents et autant de sympathisants, il a aussi besoin de qqes "restructurations"), bonne lecture et n'hésitez pas à corriger/donner vos propres propositions!








même si j'estime qu'il n'est pas de mon rôle de proposer des "formes de contestation", n'étant affilié à aucun parti politique, mais les solutions sont diverses même s'il leur faut du temps pour être mises en oeuvre:

1. Arrêter de faire des trucs ridicules (des grèves de faim d'une journée, c'est vraiment risible)

2. Utiliser les nouvelles technologies d'une manière plus "intelligente": radio kalima, après 3 minutes d'écoute, j'ai envie de m'ouvrir les veines avec une boite de sardines, aucune page "d'opposition" de plus de 2.000 fans, les blogs des opposants ressemblent aux murs  des facultés des années 70, j'en passe et des meilleurs

3. Refuser l'alliance avec les islamistes et revenir sur l'accord malheureux du 18 Octobre (sans pour autant accepter la répression illégitime contre les emprisonnés pour des raisons purement politiques)

4. Se fixer UN programme ECONOMIQUE, je crois que c'est pas encore décidé mais vous êtes encore au stade "économie du marché ou pas" (sa77a ennoum on est en 2010), certains qui croient encore en la révolution ouvrière voir même paysanne devraient être réveillés et bien secoués pour les mettre devant leur responsabilités, et surtout devant leur siècle



5. Étant un parti reconnu, NE PAS BOYCOTTER la mascarade des élections, profiter de cette marge de liberté de deux semaines voir plus tout les 5 ans, c'est déjà pas mal, montrer que l'on existe, qu'une autre voie est possible, se lamenter pour des élections qu'on ne pourrait pas gagner dans des conditions de démocratie optimale n'a absolument aucun sens

6. Améliorer ses relations avec les syndicats, les soutenir, les aider pour les trouver quand il le faudra, pousser les gens à aller se syndiquer sans pour autant faire l'amalgame entre le travail politique et le travail politique et le travail syndical

7. Ramener des "tunisiens moyens" au partis d'oppositions, débaucher des rcdistes tout en les maintenant en vie en tunisie, c'est des "prises de guerres" au sens politique, ça ne devrait pas être difficile vu l'état du RCD, les "placardisés" sont trop nombreux vu la taille du parti

8. Sortit de votre bulle tuniso-tunisoise, y a-t-il un bureau PDP/tajdid par exemple à Redeyef? Si vous n'allez pas chercher vos supporteurs ils ne viendront pas tous seuls. Pour les bureaux régionaux, ne pas mettre "les mauvais élèves" loin de Tunis (parce que oui, en voyant certaines réactions on a le droit de penser qu'ils mettent les pires éléments dans les bureaux régionaux)



9. Ce point sera une conclusion : Penser à créer un Parti de Gouvernance et non d'opposition: aucun parti sauf le RCD n'est capable de fournir une liste de noms (une 100 de personnes très hautement qualifiées MINIMUM) pour tenir les postes clés du pays (ministères, secrétaires d'état, gouverneurs), c'est quand un parti d'opposition aura un bon programme, une idée pour la Tunisie et des hommes capables de la mettre en oeuvres qu'il commencera vraiment à peser dans la vie politique et fera la longue marche de démocratisation du pays!




à bon entendeur...

vendredi 19 mars 2010

20 Mars 1956, la marche vers l'indépendance

3 commentaires
Le 20 Mars 1956, la Tunisie proclame son indépendance, après 75 ans de lutte contre le colonisateur Français, après tant de changements sur l'infrastructure, le mode de pensée et surtout dans un contexte mondial tout à fait différent, la Tunisie est devenu un pays souverain, le Bey ne fera que la transition entre le protectorat et la République Tunisienne bâtie par Feu Habib Bourguiba








La marche vers l'affranchissement total du pays est en cours de route, les faits les plus marquants seront l'abolition de la Monarchie, la proclamation du CSP (marquant ainsi une certaine différence avec les voisins arabes) en 1957 et après en 1963 la récupération de la base militaire de Bizerte encore aux mains des français ainsi que la nationalisation des terres agricoles (1964). Une fois ces actions accomplies, la construction de l'état souverain et moderne (déjà en marche) prit sa vitesse de croisière, la mise en place d'un état libre n'était pas que matérielle, Bourguiba prit la responsabilité d'éduquer le peuple et son influence est toujours très grande même 22 ans après sa destitution et 10 ans après sa mort, je vous propose d'écouter qqes uns de ses fameux discours fondateurs ( étudiants, formation des générations futures, autosuffisance ) .
Les difficultés viendront d'elles-même après, sans oublier bien sur quelques lacunes dans la mise en place d'un état souverain. L'expérience socialiste (avec tout les drames humains qu'elle causa) jusqu'à 1969, le panarabisme (1974) (auquel une majorité avait cru à un certain moment), et les évènements de Gafsa (1980) fragiliseront l'édifice national et entacheront la cohésion qui était entrain de se former entre les régions.
D'un point de vue économique, c'était un peu plus compliqué, l'échec cuisant du socialisme à la Tunisienne, poussa à promouvoir Hédi Nouira en tant que premier ministre: c'est le tournant libéral de l'économie tunisienne. L'économie du marché ne connaissant pas de frontières, la Tunisie trainera encore un peu sa dépendance envers l'occident ainsi que l'orient.

Bourguiba vieillissant et de plus en plus sous influence, subira les conséquences de sa décision de donner plus de pouvoir aux islamistes au sein de l'université tunisienne afin de minimiser l'influence d'une gauche forte et dynamique, les émeutes du pain selleront à jamais le destin du Pére fondateur de la Tunisie moderne, il sera déposé en 1987 par son "fils" Ben Ali qui cumulait à l'époque plusieurs postes clés comme celui de premier ministre, chef de la sûreté nationale ainsi que secrétaire général du PSD.



La tentative de la réconciliation nationale entamée par le nouveau président ne tiendra pas plus de deux ans, les élections de 1989 avec le raz-de-marée (information à vérifier) islamiste sonneront le glas de l'ouverture politique, s'en suit alors une purge des Islamistes et certains Hommes de Gauche applaudiront cette "laïcisation" de la scène politique tunisienne mais en seront rapidement victimes, car le durcissement de l'état envers les partis politiques ne s'arrêtera pas aux Frères d'El Nahdha, mais touchera bien d'autres formations qui se retrouveront constamment harcelées et empêchées de travailler dans de bonnes conditions.
La guerre en Irak aura permis au régime tunisien de regagner une crédibilité sapée par les évènements de 1989-1990, prenant position "avec" Saddam (chouchou des peuples arabes à l'époque) alors qu'il venait juste d'arriver au pouvoir, Ben Ali se rachètera en refusant de se rendre au Sommet Arabe qui donnera la permission aux forces de la coalition de libérer le Koweït, ce qui lui vaudra aussi les foudres de certains monarques du Golf.

Profitant d'un contexte local très avantageux: La guerre civile en Algérie et L'embargo en Lybie, le régime tunisien continua sur sa lancée de consolidation de la cohésion sociale, surtout avec le projet 26-26, qui malheureusement prendra à la fin rôle auquel il n'aurait pas du être destiné (je développerais ce point à un autre moment).

Malheureusement, un tournant très important a été raté en 1999, car avec 3 candidats s'opposant au président sortant, il recueillera quand même presque 99.5% des suffrages, les élections suivantes ne feront que montrer qu'un vrai pluralisme ne verra pas le jour demain en Tunisie.

Une autre dépendance irritera bien les Tunisiens, c'est celle des libertés en général, toujours pointée du doigt, la Tunisie n'a pas su s'affranchir des accusations portées par différentes ONG et états occidentaux, et malgré des tentatives timides dans le domaine (La fameuse "démocratie naissante" adoptée par les défenseurs du régime), le chemin est encore long avant de voire en Tunisie un démocratie où les élections ne seraient pas jouées d'avance, ou un seul parti ne serait plus le seul visible sur la scène médiatique, on aura donc rater le coche pour pouvoir batir un modèle tunisien qui serait digne de respect parmi les autres nations.

L'indépendance d'un pays, mélange entre autosuffisance et croyance d'un peuple en un avenir commun, est assez bien réussi en Tunisie, malgré les problèmes économiques et les problèmes qui lui sont inhérents (immigration clandestine, inégalités entre les régions, sentiments d'injustice, soulèvement du bassin minier), la dépendance culturelle envers et l'occident et l'orient entravera l'émergence d'une culture tuniso-tunisienne, le délassement des penseurs et autres artistes tunisiens après la déroute du communisme mondial, les répressions, les soulèvements et beaucoup de mauvais choix politiques...

mardi 24 novembre 2009

Ségolène Royal

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Ça faisait vraiment que je voulais écrire quelque chose sur Marie-Ségolène, la Jeanne d'Arc des temps modernes, mais diverses contraintes m'en ont empêché. Aujourd'hui, je trouve qu'en pleine polémique sur l'ingérence et le droit des peuple à décider de leur propre destin ainsi que sur l'opposition en Tunisie, je trouve que ça serait très bénéfique de parler de cette icône de la Gauche Socialiste Française, car en transposant le problème à la situation en Tunisie, ça pourrait avancer considérablement le débat.


Tout d'abord, en tant que tunisien, ai-je le droit de parler de l'ancienne candidate aux présidentielles françaises de 2007? Oui bien sur, répondra toute personne saine d'esprit sans pour autant sauter sur mes origines maghrébines ni sur le rôle de mes ancêtres dans le siège de poitiers ou leur supposé rôle dans la traite négrière. Parler de politique dans d'autres pays n'est pas un crime contre l'Humanité, voire un article dans les tabloïds anglais parlant de Carla Bruni ou de Rama Yade n'a jamais ravivé des souvenirs de la guerre des cents ans et personne n'a songé à refaire un débarquement américain dans la Normandie après des attaques sur Bsuh Junior dans les différents journaux français.
Il serait donc très sage de conclure que cette histoire d'ingérence et de volonté de "changer le régime avec l'aide d'étrangers" est complètement fausse et erronée. Il est claire que de nos jours, la puissance qui a envie de changer le régime d'un pays quelconque ira le titiller directement et militairement au su et au vu de tous le monde. Il est aussi très logique de voire des alliances se former par delà les nations et les frontières, si personne n'est choqué de voire des Tunisiens se proclamer Panarabes ou Islmaistes, ou du moins, personne ne les considère comme traîtres. Si ce point de vue est accepté, il l'est nettement moins pour la gauche en général, alors qu'il serait logique d'accepter qu'un parti socialiste danois soutienne un parti socialiste béninois tant qu'ils partagent la même vision de la société et du monde et tant que leur collaboration est bénéfique pour les deux. Je rappelle aussi que des partis au pouvoir ou non se rendent régulièrement dans d'autres pays et ce pour diverses raisons et personne ne s'indigne ou ne cire au loup de l'ingérence et du colonialisme.


Deuxième point dont je voudrais parler, c'est cette capacité de Ségolène Royal à rassembler les gens sans pour autant avoir les qualités nécessaires communément admises pour réussir en politique. Si elle a suivi un cursus prestigieux (ENA), elle n'a jamais été très charismatique ou très performante dans les différentes missions qui lui ont été confiées. Son premier coup d'éclat était de faire la une d'un magazine people, elle était juste la compagne du premier secrétaire du PS de l'époque François Hallande. En 2004, elle réussit à prendre à Jean-Pierre Raffarin, alors premier ministre, le Conseil régional du poitou-charentes. Désignée par les militants socialistes comme candidate aux élections de 2007 parce que donnée gagnante aux sondages face à Nicolas Sarkozy, elle n'arrêtera pas de dégringoler à cause de ses nombreuses bourdes et le manque de soutien de la part de son camps, elle finira sur un piètre débat face à Sarkozy et n'aura que 46,94% des voix au deuxième tour. Alors que tout le monde s'attendait à un retour à l'ombre pour Madame Royal, elle a réussit à s'accrocher à ne pas céder au mépris médiatique. Elle n'a pas eu peur de se mouiller, d'affronter le ridicule pour rester dans les environs, ne jamais sortir de la scène. Elle demandera pardon à la place de Sarkozy pour ses propos sur l'Homme africain alors qu'elle n'avait aucun mandat officiel pour le faire. Elle rencontre le Dalai Lama en s'opposant à la politique de son pays et prétend que Obama s'était inspiré de son programme électoral. Tout était bon pour rester proche des français, pour qui elle a même fait des One Woman Show, une vraie reine du Stand-up dans des spectacles ou se mêlaient rires et politique. Tout ça montre à quel point il est important pour l'opposition d'aller au contact de la population, de savoir créer la polémique, de faire entendre une autre mélodie que le brouhaha ambiant, de ne pas avoir pour de se tromper, un opposant qui se trompe peut toujours changer sans dégâts, ce n'est pas le cas pour le gouvernement. Ne pas avoir un parti derrière n'est pas aussi pénalisant que ça, il suffit d'y croire pour rester aux yeux de ses concitoyens une alternative crédible et possible au régime actuel.